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Mise en ordre de l’économie

Brigitte Gaïti, Vincent Gayon, Benjamin Lemoine

Dossier: “Mise en ordre de l’économie”, Politix, vol. 27, 105 (1), 2014.

Les attaques spéculatives contre les dettes publiques européennes et les incertitudes pesant sur l’avenir des économies et des systèmes de protection sociale des pays de l’OCDE constituent des signes manifestes des instabilités du capitalisme financiarisé. Ces phénomènes ont pu mener à la conclusion que les politiques économiques, financières et monétaires sont sujettes au désordre et au délitement. Pourtant, les institutions qui produisent et soutiennent ces politiques se caractérisent par une inertie et une capacité de résilience étonnantes, tant dans leurs personnels que dans les doctrines et instruments d’action déployés. Les sciences sociales du politique sont particulièrement bien armées pour analyser ce paradoxe apparent [1].

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Pédagogie économique

Vincent Gayon, Benjamin Lemoine

Dossier “Pédagogie économique” paru dans Genèses 2013/4 (n° 93)

La cause semble entendue et pérenne. À un ordre économique et financier qui impose des « réformes structurelles » aussi douloureuses qu’indiscutables (plan quinquennal de réduction des dépenses publiques, rallongement de la durée de cotisations pour bénéficier de pensions de retraites ou d’indemnités chômage, baisse des cotisations sociales afin d’améliorer le coût du travail et la compétitivité, etc.), répond le souci d’en expliquer la teneur et la nécessité, d’envoyer des messages clairs à l’opinion, bref d’offrir davantage de pédagogie à un public qu’il suffirait de convaincre de leur bien-fondé. À la résistance dressée contre de telles mesures jugées injustes, illégitimes ou inefficaces, répond généralement un déficit de lisibilité à combler pour assurer leur pleine compréhension. À une défaite électorale répond, sur le même schéma, un manque de capacités à convaincre, à se faire entendre, des lacunes de communication et une trop faible pédagogie. En chaque cas, la position du pédagogue est sauve, tout comme celle de l’ignorant. Le paradigme de ces relations asymétriques est celui de l’école et des lieux de formation, celui de la science et de ses publics [1]

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La performance totale : nouvel esprit du capitalisme?

A propos de Florence Jany-Catrice, La performance totale : nouvel esprit du capitalisme?, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Capitalismes-éthique-institutions », 2012.

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Sociologie de l’agence financière. Vol 1 & 2

Sabine Montagne et Horacio Ortiz

Dossier paru dans Sociétés contemporaines 2013/4 (n° 92) (n°93)

Ce dossier vise à déconstruire la notion d’« investisseur » à partir d’enquêtes empiriques sur l’industrie financière, sa régulation et le rôle qu’y joue l’État. La figure de l’investisseur est centrale dans la représentation des flux financiers que proposent la réglementation et le droit, la théorie financière et une partie importante du discours médiatique et politique. Les acteurs financiers s’y référent également pour parler de leur travail quotidien comme pour organiser leur activité de lobbying. Qu’elle relève d’une fonction assignée par des discours normatifs ou d’une identité socio-économique revendiquée par des professionnels financiers, la figure de l’investisseur est la notion centrale à partir de laquelle le monde financier se décrit et est décrit.

Plutôt que de considérer qu’il y a des investisseurs, pleinement investis d’une mission, le dossier vise à explorer, à partir d’études empiriques, comment les décisions d’investir sont prises au terme de relations nombreuses, établies entre différents types d’acteurs. Cette division du travail financier s’appuie sur un ensemble de dispositifs, juridiques, techniques et de représentations, qui constitue ce que nous appelons « agence financière ». Celle-ci se démarque de la représentation économique libérale qui consiste à réduire tout échange à une relation bilatérale entre acheteur et vendeur. Par contraste, l’étude de l’agence financière, en reconnaissant la variété des relations nécessaires à la prise de décision d’investissement, permet de travailler deux questions essentielles que les crises financières posent aux acteurs et aux institutions de la finance : à qui imputer la responsabilité des décisions d’investissement ? Comment sont construites et circulent les catégories de perception des acteurs financiers ?

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Instabilités globales et ordres des politiques économiques

Global instabilities and the Economic policies orders

COLLOQUE INTERNATIONAL

Paris, 17-18 juin 2013

Comité d’organisation :

Vincent Gayon – IRISSO CNRS – Université Paris Dauphine

Benjamin Lemoine – CSO (Sciences Po Paris) – IFRIS (Université Paris Est)

            Les attaques spéculatives contre les dettes publiques européennes, comme les incertitudes pesant sur l’avenir des économies des pays de l’OCDE et de leur système de protection sociale, sont des signes manifestes des instabilités du capitalisme financiarisé international. Ces phénomènes pourraient mener droit à la conclusion que les politiques économiques, financières et monétaires sont sujettes au désordre, au délitement. Pourtant, rapportées aux transformations et aux crises du capitalisme, les ordres institutionnels qui produisent et soutiennent les politiques économiques semblent se caractériser, tout au contraire, tant dans leurs personnels et leurs instruments d’action que dans leurs fondements théoriques par une inertie et une capacité de résilience étonnantes.

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Économie du droit

Thierry KIRAT

L’économie du droit permet d’éclairer la logique de la règle (le droit) par la logique du calcul (l’économie). L’économie du droit – développée sous l’appellation Law and Economics par les Anglo-Saxons – applique les méthodes et les cadres conceptuels de la science économique à l’étude du droit et des effets des règles juridiques. Elle s’intéresse, par exemple, à des domaines tels que la responsabilité civile, les contrats, les décisions judiciaires, les modes de règlement des différends.
Approche originale de la régulation juridique, elle s’interroge sur l’efficience économique du droit. Il ne s’agit pas seulement de problèmes théoriques puisque sont en cause des questions pratiques aux enjeux considérables : la responsabilité civile et délictuelle, pour faute ou sans faute, l’articulation du droit de la responsabilité et des mécanismes assurantiels, l’indemnisation des victimes de dommages, mais aussi la capacité du droit à soutenir la croissance.

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La totalisation de l’Amérique

À propos de l’ouvrage d’Emmanuel Didier, En quoi consiste l’Amérique ? Les statistiques, le New Deal et la démocratie, Paris, La Découverte, 2009 (Textes à l’appui. Anthropologie des sciences et des techniques), 318 p.

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Histoire de la Bourse

Paul LAGNEAU-YMONET, Angelo RIVA

La Découverte, 2012.

Créée par le pouvoir royal après la débâcle du financier John Law, puis démantelée lors de la Révolution française, la Bourse de Paris acquiert ses traits caractéristiques sous Napoléon : dans un lieu officiel, les agents de change, commerçants et officiers ministériels bénéficient, jusqu’au démantèlement amiable de leur corporation en 1988, du monopole légal sur les transactions boursières.
À l’aube du XXIe siècle, la Bourse de Paris, transformée en société par actions, s’associe avec ses homologues amstellodamoise, bruxelloise, portugaise et le marché londonien de produits dérivés. En 2007, cet attelage paneuropéen fusionne avec la Bourse de New York. Désormais, la bourse parisienne est la filiale d’un groupe transatlantique, lui-même coté en bourse.
Adopter une perspective diachronique aide à se défaire des représentations en apesanteur de la « finance » qui entravent l’analyse comme la critique. Ainsi, ce livre explicite l’entrelacs de contingence et de nécessité qui fait l’histoire économique et sociale de la Bourse de Paris et des activités boursières en France.

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Argent public

Vincent Gayon, Benjamin Lemoine

Dossier: Argent public paru dans Genèses 2010/3 (n° 80)

 

Finances publiques, cotisations sociales, subventions, impôts ou encore monnaie… l’argent public connaît de multiples figures. Si, comme l’écrit Karl Marx, « dans le capital comme dans l’argent, […] des rapports sociaux déterminés se représentent comme des propriétés sociales “naturelles” d’objets[i] » (Marx 2008 : 293), il faut alors analyser les formes spécifiques de conflits et d’arrangements qui se déploient et se déposent dans l’argent public. La crise financière actuelle et ses prolongements offrent à cet égard un exemple criant de conflictualité autour de l’argent, et en particulier dans l’intrication entre « argent public » et « argent privé » : après être venus au secours des banques commerciales, les États se voient acculés à des plans de rigueur, sous la contrainte des exigences d’un financement de leurs déficits publics auprès des marchés financiers. L’État et le marché y signalent une nouvelle fois leur interdépendance historique, comme avaient pu le montrer Karl Polanyi, Fernand Braudel ou Georges Duby pour d’autres périodes (plus récemment Théret 1995). Continuer la lecture de « Argent public »

Les grands patrons en France : du capitalisme d’État à la financiarisation

Dudouet F-X., Grémont E. (2010), Les grands patrons en France : du capitalisme d’État à la financiarisation, Paris: Lignes de repères, 174 p.

Qui sont les grands patrons en France ? Quels parcours ont-ils suivi pour accéder à leurs fonctions ? Alors que la crise renforce les interrogations quant à la légitimité des élites, le monde patronal reste discret, voire secret. Essayons donc d’en savoir plus….

Les grands patrons du CAC 40, qui n’ont jamais détenu autant de pouvoir, constituent cependant un univers mal connu. L’ouvrage montre comment les élites patronales françaises, souvent d’origine étatique, ont succombé aux sirènes de la financiarisation. Analysant en détail parcours scolaire, réseaux et relations d’affaires, les auteurs soulignent un paradoxe : les élites patronales, de plus en plus tournées vers l’international, sont toujours profondément enracinées dans les milieux d’affaires français. Comment parvenir, dans ce contexte, à relever les défis de l’après krach financier ?

Au sommaire, notamment :

– genèse du capitalisme d’État en France

– le retrait de l’État et la question clef de la financiarisation de l’économie

– les patrons du CAC 40 au début du XXIème siècle

– crise financière et globalisation : les grands patrons sont-ils prêts ?

La monnaie dévoilée par ses crises

Bruno Théret (ed.), La monnaie dévoilée par ses crises. Vol.I. Crises monétaires d’hier et d’aujourd’hui, Paris, Ed. de l’EHESS, 2008.

La monnaie est une construction sociale. Depuis la Grèce antique jusqu’à l’Argentine 2002, les crises monétaires ici décrites en dévoilent les enjeux économiques, politiques et symboliques. Quelle monnaie concevoir pour créer une souveraineté politique ?
Les crises monétaires sont des moments privilégiés pour analyser le fait monétaire dans toute sa complexité. Dans ces crises, en effet, la monnaie est remise en question et dénaturalisée. Sont ainsi révélés les fondements de l’acceptation des formes monétaires qui ont cours dans chaque société, acceptation reposant sur des rapports de confiance d’ordre économique, mais aussi politique et symbolique.
Cet ouvrage s’appuie sur l’analyse de telles situations pour, d’une part, élargir la base empirique de la théorie de la monnaie comme confiance, d’autre part, dégager une morphologie des crises monétaires qui rende compte de leur complexité, enfin, ouvrir un dialogue avec l’ensemble désormais large des chercheurs – économistes, historiens, anthropologues, politologues et sociologues – qui travaillent à la compréhension du fait monétaire.

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