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Valeur financière et vérité

Horacio Ortiz, Valeur financière et vérité. Enquête d’anthropologie politique sur l’évaluation des entreprises cotées en bourse.

Les Presses de Sciences Po, Paris, 2014, 184 p.

L’industrie financière a pris une place prépondérante dans l’économie globale depuis une trentaine d’années. Au nom du dogme de l’efficience des marchés, elle détermine la valeur des entreprises cotées en bourse à l’aide d’une méthodologie standardisée d’inspiration néolibérale cautionnée par la réglementation financière. La valeur des entreprises aurait ainsi une “vérité” établie par les experts de la finance, faisant de ces derniers les arbitres de la distribution des ressources monétaires à l’échelle mondiale et, partant, de la justice sociale.

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Sociologie de l’agence financière. Vol 1 & 2

Sabine Montagne et Horacio Ortiz

Dossier paru dans Sociétés contemporaines 2013/4 (n° 92) (n°93)

Ce dossier vise à déconstruire la notion d’« investisseur » à partir d’enquêtes empiriques sur l’industrie financière, sa régulation et le rôle qu’y joue l’État. La figure de l’investisseur est centrale dans la représentation des flux financiers que proposent la réglementation et le droit, la théorie financière et une partie importante du discours médiatique et politique. Les acteurs financiers s’y référent également pour parler de leur travail quotidien comme pour organiser leur activité de lobbying. Qu’elle relève d’une fonction assignée par des discours normatifs ou d’une identité socio-économique revendiquée par des professionnels financiers, la figure de l’investisseur est la notion centrale à partir de laquelle le monde financier se décrit et est décrit.

Plutôt que de considérer qu’il y a des investisseurs, pleinement investis d’une mission, le dossier vise à explorer, à partir d’études empiriques, comment les décisions d’investir sont prises au terme de relations nombreuses, établies entre différents types d’acteurs. Cette division du travail financier s’appuie sur un ensemble de dispositifs, juridiques, techniques et de représentations, qui constitue ce que nous appelons « agence financière ». Celle-ci se démarque de la représentation économique libérale qui consiste à réduire tout échange à une relation bilatérale entre acheteur et vendeur. Par contraste, l’étude de l’agence financière, en reconnaissant la variété des relations nécessaires à la prise de décision d’investissement, permet de travailler deux questions essentielles que les crises financières posent aux acteurs et aux institutions de la finance : à qui imputer la responsabilité des décisions d’investissement ? Comment sont construites et circulent les catégories de perception des acteurs financiers ?

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Instabilités globales et ordres des politiques économiques

Global instabilities and the Economic policies orders

COLLOQUE INTERNATIONAL

Paris, 17-18 juin 2013

Comité d’organisation :

Vincent Gayon – IRISSO CNRS – Université Paris Dauphine

Benjamin Lemoine – CSO (Sciences Po Paris) – IFRIS (Université Paris Est)

            Les attaques spéculatives contre les dettes publiques européennes, comme les incertitudes pesant sur l’avenir des économies des pays de l’OCDE et de leur système de protection sociale, sont des signes manifestes des instabilités du capitalisme financiarisé international. Ces phénomènes pourraient mener droit à la conclusion que les politiques économiques, financières et monétaires sont sujettes au désordre, au délitement. Pourtant, rapportées aux transformations et aux crises du capitalisme, les ordres institutionnels qui produisent et soutiennent les politiques économiques semblent se caractériser, tout au contraire, tant dans leurs personnels et leurs instruments d’action que dans leurs fondements théoriques par une inertie et une capacité de résilience étonnantes.

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Histoire de la Bourse

Paul LAGNEAU-YMONET, Angelo RIVA

La Découverte, 2012.

Créée par le pouvoir royal après la débâcle du financier John Law, puis démantelée lors de la Révolution française, la Bourse de Paris acquiert ses traits caractéristiques sous Napoléon : dans un lieu officiel, les agents de change, commerçants et officiers ministériels bénéficient, jusqu’au démantèlement amiable de leur corporation en 1988, du monopole légal sur les transactions boursières.
À l’aube du XXIe siècle, la Bourse de Paris, transformée en société par actions, s’associe avec ses homologues amstellodamoise, bruxelloise, portugaise et le marché londonien de produits dérivés. En 2007, cet attelage paneuropéen fusionne avec la Bourse de New York. Désormais, la bourse parisienne est la filiale d’un groupe transatlantique, lui-même coté en bourse.
Adopter une perspective diachronique aide à se défaire des représentations en apesanteur de la « finance » qui entravent l’analyse comme la critique. Ainsi, ce livre explicite l’entrelacs de contingence et de nécessité qui fait l’histoire économique et sociale de la Bourse de Paris et des activités boursières en France.

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Conflits et pouvoirs dans les institutions du capitalisme

Benjamin Lemoine

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Argent public

Vincent Gayon, Benjamin Lemoine

Dossier: Argent public paru dans Genèses 2010/3 (n° 80)

 

Finances publiques, cotisations sociales, subventions, impôts ou encore monnaie… l’argent public connaît de multiples figures. Si, comme l’écrit Karl Marx, « dans le capital comme dans l’argent, […] des rapports sociaux déterminés se représentent comme des propriétés sociales “naturelles” d’objets[i] » (Marx 2008 : 293), il faut alors analyser les formes spécifiques de conflits et d’arrangements qui se déploient et se déposent dans l’argent public. La crise financière actuelle et ses prolongements offrent à cet égard un exemple criant de conflictualité autour de l’argent, et en particulier dans l’intrication entre « argent public » et « argent privé » : après être venus au secours des banques commerciales, les États se voient acculés à des plans de rigueur, sous la contrainte des exigences d’un financement de leurs déficits publics auprès des marchés financiers. L’État et le marché y signalent une nouvelle fois leur interdépendance historique, comme avaient pu le montrer Karl Polanyi, Fernand Braudel ou Georges Duby pour d’autres périodes (plus récemment Théret 1995). Continuer la lecture de « Argent public »